Une nouvelle molécule antidouleur : l’opiorphine

Merci !

Annales corrigées
Classe(s) : 1re ES | Thème(s) : Vers une agriculture durable
Type : Questions sur un thème obligatoire | Année : 2011 | Académie : Guadeloupe - Guyane - Martinique

Une nouvelle molécule antidouleur : l'opiorphine

Document 1 

Les enképhalines sont des neurotransmetteurs libérés par des neurones lors d'une sensation douloureuse intense. Leur rôle est d'inhiber la transmission des messages nerveux nociceptifs vers le cerveau. Mais elles sont rapidement dégradées par des enzymes, dont la NEP (Neutral Endo-Peptidase).

Récemment une équipe de chercheurs de l'Institut Pasteur a identifié un nouvel antalgique, sécrété naturellement dans la salive de l'homme: l'opiorphine. Elle protège les enképhalines de l'action des enzymes NEP. Cet antalgique1 naturel se révélerait être un prototype de molécules d'intérêt thérapeutique chez l'homme, en particulier dans le traitement de la douleur.

D'après Médecine sciences, janvier 2007, vol. 23, n° 1 ; chercheur : C. Rougeot.


1. Antalgique : qui atténue la douleur.

Document 2 

L'efficacité de l'opiorphine a été testée chez le rat. Le dispositif expérimental est constitué de neuf cases de surface égale. Dans le dispositif A, la surface des neuf cases est lisse ; dans le dispositif B, les huit cases périphériques (a, b,… h) sont tapissées de pointes, la neuvième case centrale (i) est lisse. Le test consiste à déposer le rat dans l'aire centrale et à observer ses déplacements pendant trois minutes ; on mesure son temps moyen de présence sur les huit cases périphériques, que l'on reporte dans le tableau de résultats ci-après.

Tableau de résultats

Temps moyen de présence du rat sur les huit cases périphériques

Dispositif A : cases périphériques sans pointe

Rat A n'ayant reçu aucune injection

130 secondes

Dispositif B : cases périphériques avec pointes

Rat B1 n'ayant reçu aucune injection

5 secondes

Rat B2 ayant reçu une injection de morphine1 (6 mg.kg–1)

72 secondes

Rat B3 ayant reçu une Injection d'opiorphine (1 mg.kg–1)

62 secondes

D'après Médecine sciences, janvier 2007, vol. 23, n° 1 ; chercheur : C. Rougeot.


1. La morphine : antalgique utilisé dans le domaine clinique.

1. Saisir des informations
et les mettre en relation


10 points

En utilisant les informations extraites des documents, expliquez comment agit l'opiorphine et montrez qu'elle peut constituer une alternative à la morphine.

2. Restituer des connaissances


10 points

Réalisez un schéma fonctionnel illustrant la transmission du message nociceptif au niveau d'une synapse de la corne dorsale de la moelle épinière et l'action antalgique de la morphine à ce niveau.

     LES CLÉS DU SUJET  

Question 1

Une nouvelle molécule analgésique est testée : il faut ici extraire son mode d'action d'un texte (document 1), et démontrer son efficacité à partir de données chiffrées d'un compte rendu d'expérience (document 2).

Question 2

La question de cours sur l'action antalgique de la morphine est classique ; il faut réaliser un schéma légendé sur la synapse nociceptive dans la moelle épinière, et l'action de la morphine sur cette synapse ; nous conseillons de l'accompagner d'un court texte explicatif.

Corrigé

1. Saisir des informations
et les mettre en relation


Mode d'action de l'opiorphine

Le document 1 rappelle qu'en cas de douleur intense, l'organisme libère des morphines endogènes, les enképhalines : elles inhibent la transmission des messages nociceptifs vers le cerveau.

On apprend que cependant des enzymes limitent l'action de ces enképhalines; ce type d'enzymes, comme la NEP ou Neutral Endo-Peptidase, détruisent en effet les enképhalines.

L'opiorphine protège les enképhalines de l'action de la NEP, ainsi elle augmente l'action naturelle des enképhalines.

Efficacité de l'opiorphine démontrée dans le document 2

Le document 2 indique le temps de présence de rats sur des cases lisses ou tapissées de pointes, en fonction de la présence ou non d'opiorphine, et de morphine.

  • Dans le dispositif A, sans aucune pointe, les rats passent en moyenne 130 secondes.

  • Dans le dispositif B, les rats témoins ne passent que 5 secondes sur les cases avec pointes (qui constituent un stimulus douloureux).

  • Dans ce même dispositif, les rats ayant reçu de la morphine passent plus de temps sur les cases pointues que sans injection : 72 secondes ; cela rappelle la fonction analgésique de la morphine.

  • Enfin, encore dans ce dispositif B, les rats ayant reçu de l'opiorphine passent presque autant de temps sur les cases douloureuses que ceux ayant reçu de la morphine (62 secondes).

Ainsi, on constate que l'opiorphine constitue un antalgique aussi efficace que la morphine, et à un dosage moindre (1 mg/kg contre 6 mg/kg).

2. Restituer des connaissances


Schéma explicatif

L'effet de la morphine sur la transmission du message nociceptif dans la moelle épinière

Le message nociceptif passe du neurone périphérique au neurone médullaire par le biais d'une synapse dans la corne dorsale de la moelle. La morphine empêche le fonctionnement de cette transmission synaptique en se fixant sur des récepteurs sur le neurone médullaire ; elle empêche ce neurone d'être activé, et donc le message nociceptif est bloqué.